Etre arrivée il y a deux mois sans valise et sans avoir bien dormi mais contente néanmoins de me trouver à Paris ; m’être bientôt rendu compte du contenu excessif des valises finalement arrivées ; avoir contemplé longtemps le style des parisiennes dans le métro avec étonnement ; avoir décidé d’acheter de mignonnes chaussures ; m’être devenue mouillée sous la pluie et avoir eu froid ; avoir acheté des bottes d’hiver et un parapluie ; avoir été malade loin du soin soulageant de ma mère et des médicament dont les noms ne m’étaient pas inconnus ; m’être brossé les dents toutes les nuits à vingt-deux heures pour voir les lumières brillantes de la Tour Eiffel par la fenêtre ; m’être couché le soir avec réticence, les mots en français dansant toujours dans mes pensées ; avoir écrit des cartes postales destinées aux amis qui, à cause de la grève des écrivains d’Hollywood, avaient besoin de divertissements, mais avoir découvert que La Poste était aussi en grève ; m’être demandé s’il n’aurait pas mieux valu venir au printemps ; avoir décidé de considérer les grèves comme des opportunités de découvrir des quartiers inconnu de Paris à pied ; avoir changé d’avis et avoir décidé de considérer les grèves comme des opportunités de découvrir des quartiers moins connus de Paris en bus ; avoir repensé et avoir décidé de considérer les grèves comme des opportunités de découvrir comment me plaindre en français ; avoir parlé en français aux cassiers qui ont répondu en anglais ; avoir indiqué le chemin en français à un homme près des Tuileries qui les a traduites en anglais pour une touriste américaine ; avoir trop mangé au dîner, mais avoir envie de goûter, seulement goûter, une pâtisserie ; avoir mémorisé les arrêts de la métro entre l’ISEP et chez moi ; avoir pris l’habitude d’appeler l’appartement où j’habite maintenant « chez moi » ; avoir cherché partout des petits morceaux de chocolat pour faire des cookies américains et, n’en avoir trouvé nulle part, avoir coupé du chocolat moi-même ; avoir souri de voir ma mère d’accueil, qui ne mange jamais de dessert, goûter un cookie avec plaisir ; avoir reconnu en elle le même plaisir que j’avais découvert Paris.
Monday, December 3, 2007
Avoir passé un trimestre à Paris
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